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L’échelle RPE : du kiosque à Afitpilot

L’échelle RPE : du kiosque à Afitpilot

Il y a trois ans, j’ai installé un kiosque RPE dans une salle CrossFit où j’entraînais. C’était un iPad sur un support, placé près de la sortie. Le format était délibérément inspiré des bornes de feedback que l’on trouve à la sortie des aéroports et des toilettes publiques — un seul écran, une rangée de chiffres, sans friction. Après chaque WOD, les athlètes tapaient un chiffre de 1 à 10 pour indiquer l’intensité perçue de la séance.

Qu’est-ce que l’échelle RPE ?

L’échelle RPE — Rate of Perceived Exertion, ou niveau d’effort perçu — est une mesure subjective de l’intensité d’un effort. La version originale a été développée par Gunnar Borg dans les années 1960, allant de 6 à 20 pour correspondre approximativement à la fréquence cardiaque. La version la plus utilisée aujourd’hui par les coachs en musculation et CrossFit est la CR10 (Category-Ratio 10), affinée pour les contextes d’entraînement en résistance par Mike Tuchscherer et d’autres. Voici la correspondance couramment utilisée :

  • RPE 6 : effort confortable, beaucoup de réserve
  • RPE 7 : difficile, environ 3 répétitions en réserve
  • RPE 8 : difficile, environ 2 répétitions en réserve
  • RPE 9 : très difficile, 1 répétition en réserve
  • RPE 10 : effort maximal, plus rien en réserve

C’est une mesure subjective par conception. Elle capte ce qu’une charge objective ne peut pas refléter : comment l’effort a été ressenti par cette personne, ce jour-là, en tenant compte de tout le reste.

Pourquoi l’avoir installée dans la salle ?

Le kiosque n’était pas vraiment destiné aux athlètes. Je voulais un moyen rapide de comprendre ce qui se passait à l’échelle de la salle, pas au niveau individuel.

Pour un coach, la moyenne RPE d’un WOD donné est un indicateur utile. Si vous aviez programmé une séance censée se situer autour de RPE 8 et que la moyenne obtenue était de 5, soit la prescription était trop légère, soit les adaptations étaient trop généreuses, soit le groupe du jour était particulièrement en forme. Si vous aviez visé un 7 et que le résultat était de 9,5, quelque chose n’a pas fonctionné — le rythme, les adaptations ou le travail lui-même.

La vue hebdomadaire était encore plus utile. Une semaine entière à RPE 4 suggère qu’il y a de la marge pour augmenter l’intensité. Une semaine à 9, au contraire, indique qu’il faut lever le pied. Les coachs prennent déjà ces décisions intuitivement. Le kiosque a simplement rendu ce signal visible et partagé.

Les athlètes voyaient aussi ces chiffres. C’était secondaire, mais j’aimais cette transparence. Cela leur donnait une idée de l’ambiance générale dans la salle et un vocabulaire commun pour parler d’effort, sans se référer uniquement à la charge sur la barre.

Ce que cela m’a appris

Quelques enseignements qui n’étaient pas évidents avant d’avoir des données :

L’écart entre les athlètes sur un même WOD était plus large que prévu. Même séance, même créneau horaire — des réponses RPE variant de quatre à cinq points. Un rappel utile : une même prescription ne produit jamais les mêmes effets sur tout le monde.

La moyenne RPE était un indicateur avancé, pas un reflet instantané. Quand la moyenne hebdomadaire commençait à monter, l’ambiance dans la salle était déjà différente. Suivre cette tendance permettait d’ajuster la programmation une ou deux séances plus tôt que d’habitude.

Cela n’a rien remplacé. Les coachs continuaient d’observer la vitesse d’exécution, les défauts de forme ou la récupération entre les séries. L’échelle RPE était un signal complémentaire, facile à collecter.

Comment l’échelle RPE est intégrée dans Afitpilot

Afitpilot est conçu pour les athlètes qui s’entraînent en autonomie, donc l’unité de mesure est l’individu, pas la salle. L’échelle RPE y joue un rôle similaire, mais à cette échelle. Après chaque séance, l’athlète enregistre son ressenti. Cette donnée alimente la décision suivante du système concernant la charge, le volume et l’équilibre des modalités, en plus des données de complétion et de la fatigue accumulée par type d’entraînement.

C’est un indicateur parmi d’autres. Les taux de complétion, les séries abandonnées, la charge cardiovasculaire accumulée, l’écart entre le volume prescrit et celui réellement effectué — tous ces éléments comptent, et chacun apporte une information différente. L’échelle RPE est celle qui indique le plus directement si la prescription correspondait à la réalité du jour.

L’échelle a changé entre le kiosque et la plateforme. La fonction qu’elle remplit, elle, est restée la même.