
Répondre à la question du client : Qui a rédigé mon programme ?
Un client ouvre son application, découvre une nouvelle semaine d’entraînement et pose une question légitime. Est-ce qu’un humain a conçu ce programme, ou une machine ? Cette question mérite une réponse directe, pas une esquive. Cet article explique pourquoi les clients la posent de plus en plus souvent. Il aborde ce à quoi ressemble une réponse honnête pour un coach utilisant un logiciel adaptatif, et comment la formuler pour renforcer la confiance.
Pourquoi cette question devient fréquente
Les clients ne posent pas cette question par simple méfiance. Ils la posent parce que le secteur du coaching a évolué en silence. La plupart des clients perçoivent ce changement, même sans en connaître les mécanismes. Les organismes professionnels se sont rapidement adaptés. Les directives de l’International Coaching Federation sur l’IA dans le coaching exigent une transparence claire quant au rôle du système, ainsi qu’un consentement sécurisé du client dès le départ. Le European Mentoring and Coaching Council a publié des lignes directrices éthiques dédiées, imposant la divulgation de l’utilisation de la technologie dans la relation de coaching.
Il ne s’agit pas d’une préoccupation marginale soulevée par quelques organismes professionnels prudents. Cela reflète une tendance plus large et bien documentée. Lorsque les clients découvrent une utilisation non divulguée de l’IA dans une relation professionnelle, les dommages vont au-delà de cette seule interaction et affectent la relation elle-même. Garder le silence sur cette question est une stratégie plus risquée qu’une réponse honnête, quelle que soit sa formulation.
La réponse honnête n’est presque jamais tout ou rien
L’instinct de nombreux coaches est de choisir l’une des deux réponses. La première option consiste à revendiquer la paternité exclusive de chaque séance. Cela devient faux dès qu’un logiciel génère la structure ou ajuste la charge. L’autre option est de s’en remettre entièrement à l’outil, ce qui minimise le jugement que le coach exerce réellement. Aucune de ces réponses n’est exacte, et les clients remarquent généralement quand une réponse semble évasive.
La formulation la plus exacte, de plus en plus recommandée dans les directives professionnelles sur la prestation de services assistée par l’IA, se rapproche de ceci : le coach conçoit l’approche, fixe les objectifs et révise et ajuste ce que produit le système. Le système construit la structure spécifique de la séance et l’adapte en fonction des données d’entraînement de l’athlète. Les professionnels confrontés à une question identique de divulgation ont convergé vers une phrase utile. L’équipe ne dit pas « c’est l’IA qui l’a fait ». Elle dit « nous l’avons fait, en utilisant un outil, et nous en assumons la responsabilité ». Cette formulation maintient la responsabilité là où elle doit être : chez le coach.
Ce que le client veut vraiment savoir
La plupart des clients qui posent cette question ne cherchent pas une explication technique du fonctionnement de la plateforme. Les recherches sur la confiance dans les relations professionnelles assistées par l’IA montrent systématiquement que les clients veulent trois confirmations. Une personne qualifiée est responsable du résultat. Aucune décision n’est prise sans révision humaine. Un humain reste joignable lorsque quelque chose ne correspond pas au plan.
Un coach qui peut confirmer ces trois points répond directement à la préoccupation sous-jacente. Aucune explication technique sur la génération des séances n’est nécessaire. Le client ne demande généralement pas comment fonctionne le logiciel. Il veut savoir s’il peut faire confiance à ce qui apparaîtra dans son application lundi prochain. Et si une personne est réellement derrière tout cela.
Pourquoi la réponse honnête ne devrait pas inquiéter un coach
Certains coaches hésitent à décrire leur processus avec précision. Ils craignent que la divulgation ne diminue la valeur perçue du service par le client. Les preuves disponibles indiquent le contraire. La transparence sur le rôle d’un outil, présentée clairement et sans défensive, est systématiquement associée à une confiance accrue, et non réduite. Cela vaut dans tous les contextes professionnels où cela a été étudié. Ce qui érode la confiance, ce n’est pas la divulgation, mais la découverte que quelque chose a été caché.
Il existe également une raison structurelle pour laquelle la réponse honnête résiste bien à l’examen. Un coach utilisant une plateforme qui adapte les séances en fonction de l’effort perçu (RPE) et de l’historique d’entraînement d’un athlète ne confie pas les décisions à un système non supervisé. Chaque ajustement effectué par le système repose sur les données rapportées par cet athlète spécifique. Un coach qui a fixé les objectifs du programme le révise et continue d’en ajuster le déroulement. Cela diffère significativement d’un client saisissant une demande dans un chatbot générique sans relation continue. C’est une différence qui mérite d’être exprimée clairement, et non laissée implicite.
Un exemple de réponse concrète
Lorsqu’un client pose cette question directement, une réponse courte et honnête est plus efficace que l’une ou l’autre des extrêmes. Voici une formulation qui couvre les points essentiels pour le client, sans trop entrer dans les détails. Le programme est conçu autour des objectifs que nous avons fixés ensemble. Il s’adapte semaine après semaine en fonction de l’évolution de votre entraînement, en utilisant les niveaux d’effort que vous rapportez. Je le révise avant que vous ne le voyiez, et c’est moi qui l’ajuste lorsque quelque chose ne fonctionne pas. Vous ne suivez pas un plan statique rédigé une fois pour toutes par une machine. Vous suivez un plan qui réagit à vos progrès, avec une personne responsable de chaque décision.
Cette réponse fait trois choses à la fois. Elle indique clairement qu’un logiciel est impliqué, respectant ainsi les normes de divulgation. Elle situe clairement la responsabilité du côté du coach, répondant ainsi à la préoccupation d’imputabilité. Elle explique aussi, en une phrase, pourquoi la structure adaptative profite au client plutôt que de constituer une source d’inquiétude.
Le principe sous-jacent
La question « qui a rédigé mon programme » est en réalité une question de confiance. Elle se présente sous la forme la plus concrète que le client puisse utiliser. Un coach qui y répond honnêtement, en présentant l’outil comme quelque chose qu’il dirige plutôt que comme quelque chose qui le remplace, constate généralement que la question se règle rapidement. Un coach qui évite la question, ou y répond de manière évasive, la voit ressurgir. Chaque fois avec un peu plus de méfiance.
La norme à respecter ici est simple. Si un client serait mal à l’aise d’apprendre toute la vérité sur la manière dont son programme a été produit, c’est le processus qu’il faut changer. Pas l’explication donnée au client. Si la réponse honnête est une réponse dont un coach est fier, il doit la donner clairement, chaque fois qu’elle est posée.
Références
- International Coaching Federation. Normes sur l’intelligence artificielle dans le coaching, guide pratique. 2025.
- European Mentoring and Coaching Council. Lignes directrices éthiques pour les prestataires de coaching, mentorat et supervision utilisant la technologie et l’IA. 2023.
- Pourquoi la divulgation de l’IA est importante à tous les niveaux. Knowledge at Wharton. 2026.
- Renforcer la confiance dans le conseil assisté par IA : transparence, éthique et confiance des clients. Future of Consulting. 2025.
- Terblanche N. Un cadre de conception pour le coaching par intelligence artificielle (DAIC) : une revue des considérations éthiques. 2020.

