Seuil Lactique
Aussi appelé : SL1/SL2, Seuil anaérobie, Seuil d'accumulation, OBLA
L'intensité d'exercice au-dessus de laquelle le lactate commence à s'accumuler dans le sang plus vite que le corps ne peut l'éliminer. Deux seuils sont typiquement définis : SL1 (premier seuil, ~2 mmol/L) marque le haut du travail purement aérobie ; SL2 (second seuil, ~4 mmol/L) marque l'état stable maximal de lactate — l'allure la plus dure soutenable pendant ~30-60 minutes.
Formule
SL1 ≈ première montée au-dessus du lactate de repos (~2,0 mmol/L) — le plafond de la Zone 2.
SL2 ≈ état stable maximal du lactate (~4,0 mmol/L) — la frontière entre l'intensité soutenable et insoutenable.
Proxy de terrain : SL2 ≈ ~85-90 % de la FCmax, ou votre allure sur un contre-la-montre de 60 min.Exemple
Cycliste avec FTP 250W et FCmax 190. SL1 ≈ 175W / 140 bpm (haut de la Zone 2, entièrement aérobie). SL2 ≈ 250W / 170 bpm (la définition de la FTP — soutenable ~60 min). Au-dessus de 250W, le lactate s'accumule rapidement et le compte à rebours vers l'épuisement démarre.
Comment Afitpilot l'utilise
Nous ne capturons pas actuellement le lactate ni les valeurs de seuil mesurées — cela nécessite des tests en laboratoire ou des protocoles de terrain (CLM de 30 min, test progressif) que nous ne supportons pas encore. Le travail en zone seuil est prescrit indirectement via le RPE cible : RPE 6-7 se situe autour du SL1 (haut de la Zone 2), RPE 8-9 se situe autour du SL2 (travail tempo/seuil). Le modèle 3 zones polarisé utilisé dans nos prescriptions d'endurance correspond directement à SL1/SL2 — sous SL1, entre SL1-SL2 (la « zone grise » à minimiser), et au-dessus de SL2 (intervalles haute intensité).
Le seuil lactique selon le profil athlète
| Qui / Contexte | Valeur | Note |
|---|---|---|
| Adulte sédentaire | SL2 à ~50-60 % du VO2max | Accumulation lactique très précoce — fatigue à effort bas |
| Pratiquant endurance loisir | SL2 à ~70-75 % du VO2max | Des années d'entraînement régulier repoussent le seuil vers le haut |
| Endurance élite (cycliste pro, marathonien) | SL2 à ~85-90 % du VO2max | Raison pour laquelle les élites tiennent des intensités proches du VO2max pendant une heure |
| Powerlifter entraîné | SL2 typiquement bas (~55-65 % VO2max) | L'entraînement de force ne développe pas le SL2 — il faut de l'entraînement concurrent |
| Athlète hybride (Hyrox, CrossFit) | SL2 à ~75-80 % VO2max | Position intermédiaire — assez de travail aérobie pour repousser le seuil significativement |
| Marge de progression | Le SL2 progresse de 10-25 % la première année d'entraînement ciblé | Gains plus rapides que le VO2max, plus contraint génétiquement |
Limites connues
- •Les valeurs de seuil dérivent au cours d'une saison — le SL2 d'un cycliste bien entraîné peut monter de 20-40W sur 3-6 mois d'entraînement ciblé. Un seuil mesuré en janvier n'est pas le seuil de mai.
- •Les tests lactiques en labo et les tests de terrain (FTP, Cooper, CLM 30 min) produisent des chiffres différents — typiquement à 5-10 % près mais pas identiques. Choisissez une méthode et tenez-vous-y pour le suivi de tendance.
- •Le seuil est très sensible au statut glycogénique, au sommeil et à la chaleur. Un « bon » jour de seuil et un « mauvais » jour de seuil peuvent différer de 5-10 % au même niveau de forme.
- •La notion de « seuil » net est une simplification utile — en réalité, les courbes d'accumulation du lactate sont lisses. Le seuil est une inflexion ajustée par modèle, pas une falaise physiologique.
Science Context
Le modèle à double seuil (SL1, SL2) remonte à Kindermann (1979) et Skinner-McLellan (1980), avec des raffinements par Mader (1976, le concept OBLA à 4 mmol/L) et Coyle (1984, le cadre de l'état stable lactique). Le concept de seuil sous-tend quasiment chaque modèle moderne d'entraînement d'endurance : les zones de puissance de Coggan, le modèle 3 zones polarisé de Seiler, et les zones FC de Joe Friel utilisent toutes SL1 et SL2 comme ancres. La recherche identifie systématiquement le SL2 (ou ses proxys — FTP, allure marathon, MLSS) comme l'un des plus forts prédicteurs de la performance d'endurance, souvent meilleur que le VO2max lui-même.