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Intensité & Effort

Économie de course

Aussi appelé : Économie de course, Coût énergétique de la course, Coût en oxygène de la course, Running economy

La quantité d'oxygène (ou d'énergie) consommée pour courir à une allure sous-maximale donnée, typiquement exprimée en mL d'O2 par kg de poids corporel par kilomètre (mL/kg/km). L'économie de course mesure l'efficacité du moteur — deux coureurs avec un VO2max identique peuvent finir un marathon avec plusieurs minutes d'écart parce que l'un convertit l'oxygène en mouvement vers l'avant plus économiquement que l'autre. Aux côtés du VO2max et de la fraction du seuil lactique, c'est le troisième pilier de la performance en endurance.

Économie = VO2 (mL/kg/min) à une allure sous-maximale fixe / vitesse de course (m/min) Résultat exprimé en mL/kg/km. Plus bas = plus économique. Proxies de terrain (sans analyseur de gaz) : fréquence cardiaque à allure fixe au fil du temps, ou allure à effort perçu fixe. Les deux s'améliorent lorsque l'économie progresse, même lorsque le VO2max ne change pas.

Deux coureurs, tous deux avec un VO2max de 65 mL/kg/min, courent un marathon. Coureur A : économie 210 mL/kg/km. Coureur B : économie 185 mL/kg/km — environ 12 % plus économique. À l'allure marathon (~80 % du VO2max), le coureur B soutient une vitesse plus rapide pour le même coût en oxygène et termine 6-10 minutes devant. Même moteur, combustible moins cher.

Nous n'ingérons pas encore l'allure, le GPS ni la biomécanique par foulée depuis les montres, donc l'économie de course n'est pas calculée directement. Les stimuli d'entraînement connus pour l'améliorer font déjà partie de nos prescriptions d'endurance : le volume élevé en Zone 2 construit le substrat aérobie, les côtes courtes et lignes droites développent la raideur neuromusculaire, et le travail de force lourd (3-5 reps à RPE 8-9) sur les mouvements composés améliore le retour élastique qui réduit le coût en oxygène par foulée. Surface future : ingérer l'allure et la FC depuis les montres pour suivre la tendance d'économie aux côtés de l'e1RM (force) et du VO2max (capacité), complétant l'image de pourquoi deux athlètes au même VO2max courent différemment.

Qui / ContexteValeurNote
Marathonien élite homme (niveau Kipchoge)~175-190 mL/kg/kmParmi les valeurs les plus basses jamais enregistrées — des minutes sur un marathon
Marathonienne élite femme~180-200 mL/kg/kmComparable aux élites hommes ; l'écart se fait sur le VO2max et le SL2, pas l'économie
Coureur sub-élite (club)~200-220 mL/kg/kmMarge à gagner — travail de force + pliométrie apporte typiquement 3-7 %
Coureur loisir~220-260 mL/kg/kmPlus gros gains : volume régulier et travail de force de base
Marge de progression — force lourde+3-8 % d'économie en 8-12 semainesLifts composés lourds (3-5 reps RPE 8+) améliorent systématiquement l'économie
Marge de progression — pliométrie+2-6 % d'économie en 6-12 semainesRaideur des tendons + retour élastique réduisent le coût en oxygène par foulée
Marge de progression — volume facile élevé+5-10 % d'économie sur une saisonAdaptations mitochondriales et capillaires rendent chaque foulée moins coûteuse
  • L'économie de course est très individuelle et partiellement génétique — longueur des membres, raideur du tendon d'Achille, attaque du pied et géométrie du tronc contribuent tous. Deux athlètes avec un entraînement identique ne convergeront pas vers la même économie.
  • La mesure exige un analyseur de gaz ou un protocole de terrain précis. Les estimations « d'économie » des montres (Stryd, Garmin) sont des proxies basés sur la puissance ou la FC, pas une vraie mesure de consommation d'oxygène — utiles pour suivre les tendances chez un athlète, pas pour des comparaisons entre athlètes.
  • Les améliorations viennent lentement — 2-5 % sur un an d'entraînement ciblé est un résultat solide. Les débutants progressent plus vite (5-15 % dans les 6-12 premiers mois) à mesure que les schémas moteurs et la raideur des tissus s'adaptent.
  • L'économie dépend de l'allure. Un coureur économique à 5:00/km en allure marathon peut être inefficace à 3:30/km en allure 5K, parce que la mécanique de foulée et l'utilisation des substrats changent. Toujours préciser l'allure quand on compare des valeurs.

Daniels et Gilbert ont formalisé l'économie de course dans les années 1970 et démontré que la performance d'endurance élite corrèle plus fortement avec économie × fraction du SL2 × VO2max qu'avec le VO2max seul (Joyner & Coyle, 2008 — le modèle de performance canonique). Saunders et al. (2004) ont catalogué les interventions d'entraînement qui améliorent l'économie chez les coureurs entraînés : l'entraînement en force lourde (effet le mieux établi), la pliométrie, le volume aérobie élevé et l'exposition à l'altitude. Des travaux récents sur la technologie de la chaussure (Hoogkamer 2018, études Vibram/Nike Vaporfly) ont montré qu'une mousse à plaque carbone peut réduire le coût métabolique de la course de 4 %, la plus grande amélioration d'économie jamais publiée pour une seule intervention — confirmant que l'économie est une fonction à la fois de l'athlète et du système qui l'entoure. Le mécanisme est multifactoriel : raideur tendineuse, temps de contact au sol, oscillation verticale, composition en fibres et utilisation des substrats contribuent tous.